Une Palme d'or partagée à 28 ans, une Belle face à la Bête de Vincent Cassel, une muse chez Wes Anderson et la seule femme pour laquelle James Bond ait tourné la page : Léa Seydoux circule du conte au cinéma d'auteur sans jamais hausser le ton. L'actrice française n'est l'égérie d'aucune maison citée ici : c'est sa présence — réservée, frontale, insaisissable — qui a librement inspiré cette sélection de la parfumerie Olara, autour de La Fille de Berlin de Serge Lutens, à retrouver dans la collection Serge Lutens.
1« La Vie d'Adèle » : Emma, la Palme aux cheveux bleus
En 2013, Abdellatif Kechiche adapte la bande dessinée « Le bleu est une couleur chaude » : dans « La Vie d'Adèle », Léa Seydoux joue Emma, étudiante aux Beaux-Arts aux cheveux bleus qui bouleverse l'existence d'Adèle, lycéenne incarnée par Adèle Exarchopoulos. À Cannes, le jury présidé par Steven Spielberg fait un geste resté unique : la Palme d'or est remise au réalisateur et, fait exceptionnel, à ses deux actrices. Emma, c'est le rôle-manifeste de Léa Seydoux — une femme qui ne demande pas la permission. Le genre de caractère que la parfumerie Olara retrouve dans les portraits les plus francs de la collection Serge Lutens.
2« La Belle et la Bête » : la rose au cœur du conte
En 2014, Christophe Gans offre au conte une relecture fastueuse : dans « La Belle et la Bête », Léa Seydoux joue Belle face à la Bête de Vincent Cassel. Et tout commence par une fleur : c'est la rose que son père cueille dans le jardin du château maudit qui scelle le destin de la jeune femme. Une rose qui se paie cher, une rose qui a des épines — difficile de rêver meilleure introduction à La Fille de Berlin, l'eau de parfum de Serge Lutens où la reine des fleurs troque l'eau de rose contre le poivre.
3Wes Anderson : du Grand Budapest au French Dispatch
Le cinéma d'auteur, Léa Seydoux le fréquente des deux côtés de l'Atlantique. En 2014, elle apparaît dans « The Grand Budapest Hotel » de Wes Anderson : quelques scènes à peine en Clotilde, femme de chambre dans l'Europe pastel du cinéaste, mais une entrée remarquée dans sa troupe. Celui-ci lui taille ensuite un vrai rôle dans « The French Dispatch » (2021) : Simone, gardienne de prison et muse du peintre incarcéré joué par Benicio del Toro — un personnage d'une autorité silencieuse, cadré comme un tableau. Chez Wes Anderson comme chez Kechiche, elle impose cette présence feutrée qui n'a pas besoin d'élever la voix — l'exact tempérament des parfums Lutens : précis, composés, jamais bavards.
4« Spectre » et « Mourir peut attendre » : Madeleine Swann
En 2015, « Spectre » de Sam Mendes introduit le Dr Madeleine Swann, psychologue retranchée dans une clinique des Alpes autrichiennes, fille d'un ancien tueur de l'organisation criminelle Spectre. Face au 007 de Daniel Craig — dont nous racontions l'espionnage et les rôles bruts dans notre portrait —, elle est la seule à voir l'homme derrière le matricule ; le film croise aussi la route de Monica Bellucci, dont le glamour italien a inspiré une autre de nos sélections. Léa Seydoux reprend le rôle dans « Mourir peut attendre » (2021), où Madeleine devient le cœur même du récit, jusqu'à l'adieu — une continuité rarissime pour une partenaire de Bond dans l'histoire de la saga.
Le saviez-vous ?
Avant Cannes et avant Bond, il y eut Tarantino : dans la scène d'ouverture d'« Inglourious Basterds » (2009), Léa Seydoux joue Charlotte LaPadite, l'une des filles du fermier dont le colonel Landa de Christoph Waltz vient inspecter la ferme. Une poignée de minutes, presque sans un mot — et déjà ce visage qui retient tout.
5La Fille de Berlin : la rose qui a des épines
En 2013 — l'année de la Palme, justement —, Serge Lutens lance La Fille de Berlin, composée par Christopher Sheldrake, son complice olfactif depuis le début des années 1990 et co-auteur des grands classiques de la maison. La maison du Palais-Royal n'aime rien tant que les portraits, et celui-ci a du cran : une rose de Damas charnue, montée sur poivre noir et piment, qui s'achève dans un sillage de muscs adouci de miel. Ni fleur romantique ni souvenir poudré : une rose de cabaret, velours rouge et épines dehors, qu'on imagine très bien dans le Berlin des années folles — ou au doigt d'une héroïne de cinéma. Nous l'avions racontée côté conte de fées dans notre portrait d'Elle Fanning ; côté Léa Seydoux, elle prend un autre accent : moins Aurore que Belle, moins princesse que Palme d'or.
6De Berlin au Palais-Royal : la sélection Olara
Pour l'esprit Léa Seydoux, La Fille de Berlin reste l'entrée en matière idéale — la rose de caractère, en 50 ou 100 ml. Autour d'elle, la collection Serge Lutens décline le même art du portrait : Féminité du Bois, l'original de 1992 où le cèdre s'adoucit de prune, demeure le premier chapitre de l'histoire — et le plus intemporel ; La Dompteuse Encagée, nouvelle venue de la Collection noire, joue la séduction féline ; Fleurs d'Oranger, le grand solaire de la maison, pousse la fleur blanche jusqu'au vertige ; et Santal Majuscule enveloppe la rose — encore elle — de santal crémeux. Les amateurs d'orientaux plus sombres retrouveront Ambre Sultan, raconté dans notre portrait de Javier Bardem. Autant de manières de porter un caractère — à explorer parmi nos parfums pour femme et nos parfums mixtes, la plupart des Lutens se jouant des genres.
On répond à vos questions
Léa Seydoux est-elle l'égérie de Serge Lutens ?
Non, et cet article ne prétend pas le contraire : il n'existe aucun partenariat entre l'actrice et la maison. Cette sélection est une inspiration éditoriale de la parfumerie Olara : nous avons choisi La Fille de Berlin parce que sa rose poivrée, à la fois conte et caractère, fait écho aux héroïnes de Léa Seydoux à l'écran.
Dans quels films joue Léa Seydoux ?
Elle joue notamment Emma dans « La Vie d'Adèle » d'Abdellatif Kechiche — Palme d'or 2013 remise au réalisateur et aux deux actrices —, Belle dans « La Belle et la Bête » de Christophe Gans, et le Dr Madeleine Swann dans « Spectre » puis « Mourir peut attendre », aux côtés de Daniel Craig. On la croise aussi chez Wes Anderson, de « The Grand Budapest Hotel » à « The French Dispatch ».
Ça sent quoi, La Fille de Berlin de Serge Lutens ?
Une rose qui a du caractère : la rose de Damas, dense et veloutée, est relevée de poivre noir et de piment avant un fond de muscs adouci de miel. Composée en 2013 par Christopher Sheldrake, c'est une rose de velours rouge — plus cabaret que jardin anglais — devenue l'une des références de la Collection noire.
La Fille de Berlin est-il un parfum pour femme ou mixte ?
Comme la plupart des créations Serge Lutens, il est pensé sans distinction de genre. Sa rose poivrée séduit d'abord les femmes, mais son épaule épicée lui vaut de nombreux porteurs masculins : tout dépend de la peau — et de l'aplomb.
Quel parfum Serge Lutens choisir pour commencer ?
La Fille de Berlin si vous aimez les roses de caractère, Féminité du Bois pour un boisé-prune intemporel — c'est l'original de 1992 —, Fleurs d'Oranger pour la fleur blanche solaire, Santal Majuscule pour un bois crémeux et doux. Les formats 50 ml permettent d'explorer la collection avant d'adopter un portrait en grand.







